LE DOSSIER (suite)
1- Pose de la toile forte et formation du corset (bosse)
La toile forte doit permettre le maintien de la garniture et la pose des lacets à crin. Elle est fixée à mi-bois sur le dossier et enveloppe le dévers des manchettes (afin de mettre suffisamment de crin pour la réalisation des crosses.
La toile forte est posée en une ou trois parties, celle-ci est appointée, puis cousue à l’aide d’une ficelle à piquer sur le jonc supérieur.
La partie haute du dossier est tendue dans le sens vertical (chaîne), afin d’épouser le galbe enveloppant du dossier.
Lorsque la bosse est formée uniquement par de la toile forte, une forte tension de celle-ci se fait dans la largeur (sens trame) en remontant le fil.
Lorsque la formation de la bosse est assistée par le passage de sangles, la toile forte est glissée sous le jonc inférieur ( en facilitant le passage par quelques échancrures) puis maintenue temporairement sur l’arrière par des houzeaux.
Une première sangle, de l’arrière d’un accotoir à l’autre, est passée derrière la toile forte en exerçant, sur elle, une légère tension pour l’amener au niveau du jonc inférieur. La suivante est glissée entre les barres de dos et la toile forte au niveau du jonc supérieur, et forme une ligne en arc de cercle en étant fixée de part et d’autre sous le dossier.
Les sangles sont fixées et plaquées à l’aide de semences de 12mm et de morceaux de cartons à anglaiser.
Les éventuels plis qui apparaissent sur le devant de la bosse, sont regroupés symétriquement par deux pinces cousues.
Sur l’arrière, la toile forte est coupée à deux centimètres puis cousue sur le jonc inférieur à l’aide de ficelle à piquer.
La fixation de la toile forte se fait généralement à la semence de 3 mm puis renforcée par un rempli.
2- Rampe
Afin de renforcer la garniture sur le pourtour supérieur du dossier, il est possible de préparer celui-ci par la réalisation d’une rampe. Cette rampe aura l’avantage de donner un galbe plus généreux à la forme du siège, et fera un point d’appui régulier non négligeable lors de la tension des toiles en partie haute.
Cette rampe est un enroulement de toile ou de sangle à l’intérieur duquel le crin est inséré. Il doit être ferme et régulier, en diminuant progressivement de volume, jusqu’à la jonction du dossier aux bras des accotoirs.
Nota : Dans le cas d’un crapaud à rampe décorative ligaturée, il faut procéder de la même manière , en jumelant deux rouleaux qui recevront le crin, avant torsade….
LL
Le Dossier :
1- Mise en place des fils de fer ( joncs , tringles )
Dans la plupart des cas, un crapaud est muni d’une bosse (corset) qui sert de cale reins. Les proportions de cette bosse auront des conséquences sur la couverture ainsi que sur l’ergonomie et le confort de l’utilisateur.
Pour des raisons esthétiques le jonc supérieur se situe en moyenne au 1/3 de la hauteur du dos fini (rampe comprise). Pour des raisons ergonomiques, (en fonction de la taille de l’utilisateur) la distance entre ce jonc et la garniture du fond est entre 18 et 22cm.
Le tapissier(e) devra trouver le meilleur compromis pour répondre aux critères esthétiques, assurer un confort, et faciliter son travail.
Selon la forme et le galbe de la menuiserie de dossier, le jonc supérieur est fixé par des conduits (cavaliers, U) à la hauteur choisie sur les barres de dos (barrettes) puis en descendant légèrement, sous les accotoirs, (dans certains cas le jonc se prolonge jusqu’aux consoles, pour y être bloqué). Ce jonc est solidement ficelé à l’aide de ligatures aux barres de dos lorsque celles-ci semblent fragiles.
Le jonc du fond est légèrement avancé de 4 à 8 cm (selon la profondeur d’assise) , il doit former un arrondi régulier d’un accotoir à l’autre. Celui-ci doit être plaqué sur la garniture. (il est important de vérifier que celui-ci restera en place au cours de l’exécution du travail.) Afin d’assurer cette stabilité, il est attaché et maintenu par des cordes à guinder ( 2 ou 4 ) sur la ceinture. A mi-bois des consoles d’accotoirs, le jonc est recourbé puis fixé à l’aide de conduits. (une semence de 12mm, à la tête du retour, évite au jonc de bouger.)
L'ASSISE
Préparation du bois :
1- Collages et réparations.
La forme évasée du dossier implique une structure relativement fragile, qui nécessite régulièrement des collages ou l’apport de pièces de bois (équerres) permettant ainsi une meilleure stabilité de l’ensemble. En contre partie, le crapaud faisant partie de la catégorie des sièges en « bois recouverts » ( par contradiction à celle « des bois apparents »…) peut admettre des réparations qui ne seront pas visibles et donc plus aisées….
i Il est bien souvent nécessaire de renforcer la structure de l’assise par des équerres en bois.
2-Chanfrein
La fixation des semences de rabattage ne se fait que sur la devanture et le retour. L’arrière du siège est rabattu au milieu de la traverse.
3-Sanglage:
Celui-ci est identique à une assise classique.
4-Guindage :
Le choix des ressorts est déterminé en fonction de la hauteur de la garniture finie.
La hauteur d'assise des crapauds se situe entre 38 et 40 cm. Il est possible de se référer également à la ligne de rabattage qui se trouve au changement de ligne au bas des consoles d’accotoirs.
Le nombre de ressorts est suffisant pour assurer une garniture d’assise ferme.
La structure du siège demande parfois une hauteur de garniture importante au centre de la devanture. Dans ce cas, il est possible de réaliser un guindage semi-suspendu, évitant ainsi l’affaissement prématuré de la garniture.
Le guindage tendu, sera lui, renforcé par des passages de cordes intermédiaires et par une dent de scie sur la devanture.
Le passage des cordes de tension et de fixation ( nœuds) se fait de la même manière qu’un guindage classique. Il est probable que certains passages aient besoin d’une corde en V , pour contourner des montants.
5-Garnissage:
Pour de la fixation de la toile forte, celle-ci ne doit pas être échancrée lors du contournement des nombreux montants (consoles, barres de dos…) dont est munie la ceinture.
La mise en crin doit tenir compte de la dureté, de la garniture, importante nécessaire à l’arrière du siège, qui sera rudement mise à l’épreuve lors de la tension des toiles du dossier sur laquelle elles prendront appui.
Le rabattage de la toile d’embourrure se fait à l’arrière sur le dessus de la ceinture et sur le chanfrein sur la devanture.
Les angles sont piqués pour des pieds carrés, tandis que pour des pieds antérieurs tournés, la garniture suit la forme arrondie.
Les points avants sont bien souvent au nombre de deux ( il faut respecter un espace d'environ 2, 3 cm entre chaque lignes); ils sont accompagnés d'un bourrelet (point arrière) relativement gros (environ 3 cm de diamètre) sur le pourtour de la garniture.
6-Mise en blanc:
Lors de la piqûre de crin animal, il est important que la quantité au centre de la devanture soit importante afin de ne pas sentir le bourrelet. Il est possible également de faire une « moustache » sur la devanture, juste en dessous du bourrelet, afin que la garniture ait un aspect plus rond et ne risque pas de faire apparaître, par transparence, les points de piquage d’une garniture haute.
La toile blanche est fixée au ras du bas de la devanture (environ 1cm) par des semences de 3 mm espacées tout les 2cm. Sur l’arrière cette fixation se fera au même endroit que la toile forte et la toile d’embourrure, sur la traverse.
7-Assise capitonnée:
Une garniture d’assise capitonnée, se fera par une mise en crin différente, en prenant garde de mettre peu de crin dans la zone réservée au point de fond. Le travail de garnissage sera ensuite identique, et le « manque » de crin au centre aboutira sur une garniture en creux, dans laquelle se logeront les capitons. Cette méthode assure une plus grande pérennité de la garniture capitonnée.
Il est possible également, comme pour les petits sièges, de réaliser le pourtour par une garniture dite en « cuvette ».
Le travail de garniture se fait ensuite comme pour une assise capitonnée classique ( tracé, passage des fouets, mise en crin animal, pose et plis de la toile blanche, couture des plis…)
LE FAUTEUIL CRAPAUD
Historique (1ère partie): C’est depuis 1838, début du style Louis Philippe, que le tapissier Dervilliers répand l’utilisation des élastiques (ressorts) dans des fauteuils dits alors « confortables » et qui remplaceront peu à peu les bergères et fauteuils à la Voltaire. Ces sièges enveloppants par la forme de leur dossier en « Gondole » était constitués d’une structure en bois pour l’assise et en fer pour le dossier. Ces armatures en fer permettaient toutes les excentricités, en donnant à ces sièges les formes les plus variées. Cette méthode de fabrication fut petit à petit abandonnée au profit du hêtre, plus stable et plus solide. Très accueillants et harmonieux, on en fit de toutes les formes, carrés, ronds, gondoles, ovales, trèfle….mais depuis 1850 ces sièges qui furent remarqués par leurs galbes et leurs proportions, prirent des formes si variés, si multiples qu’ils n’avaient plus que de confortable que le nom ! Tous les fabricants voulaient alors posséder sa ligne de fauteuil « confortable », et on trouvait alors sous le nom de fauteuils impératrice, Marie Antoinette, crapaud, lambrequin, bébé, américains…une multitude de sièges, dont beaucoup étaient trop bas, trop mous et peu ergonomique. Ces sièges représentants du luxe, de l’apparat, et de la fantaisie, l'étaient surtout par la richesse des étoffes, l’apport de passementeries, et l’art délicat du tapissier qui a su les sublimer par le travail de ligatures, rampes, et capitons. Témoin de cette époque le fauteuil Crapaud, a su traverser le temps, par ses formes caractéristiques, qui enveloppent confortablement et maintient parfaitement le dos grâce à la technique du cale reins (bosse) . C’est cette notion de confort, et ce symbole d’un société bourgeoise et opulente qui fait de lui actuellement l’un des sièges préféré des Français. LL
Si vous allez faire un tour sur le livre d'or, vous pourrez voir une intervention , de Mr Valderger!
Je pense qu'ill est necessaire d'y répondre, et que je vous en fasse participer , pour plus de transparence.
Mr Valderger : Dommage de constater que l'on vulgarise et que l'on brade notre beau métier.
Réponse LL :

